interview de Big Junior

Propos recueillis par musisphere.com le 28/03/2017.
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Big Junior © Thomas Saminada

Le groupe lyonnais Big Junior publie le 7 avril son deuxième EP, « Osiris ». Séduits par l’énergie qui se dégage de leur musique et par le message de partage et de fraternité que leurs chansons véhiculent, nous avons été à la rencontre du groupe afin d’en savoir un peu plus sur leurs différents projets.

Raconte-moi un peu dans quelles circonstances Big Junior a vu le jour.

Richard : C’était il y a deux ans. Mathieu, le chanteur, et moi, faisions de la muscu ensemble. On s’est rencontrés en travaillant nos pectoraux plutôt qu’en faisant de la musique ! (rires) Lui, après, a fait la connaissance de Johan et Adrien qui s’étaient rencontrés à un atelier cuisine. Ils avaient bien accroché ensemble, je ne sais plus trop pourquoi, mais je pense pour une affaire de vêtements et ils avaient fait un peu de musique ensemble. Puis Mathieu a eu envie de se joindre à eux, et je suis arrivé puisqu’il leur manquait un bassiste et que Mathieu me connaissait un peu.

Big Junior, OsirisÉvoluiez-vous auparavant dans différents autres formations musicales ?

Richard : Jo et Adri ont fait des écoles de musique sur Lyon. Mathieu et moi, on a tout fait en autodidacte sur Youtube !

Quelles sont vos envies quand vous fondez Big Junior ? Avez-vous une idée précise de l’esthétique sonore vers laquelle vous voulez tendre et de l’univers que vous voulez développer ?

Richard : Oui. Dès la première répète, on s’est mis d’accord sur la charte musicale du groupe. Notre idée était de faire de la musique qu’on n’entend nulle part ailleurs. La musique qu’on avait envie d’écouter, en fait. Après, le but a été de faire de la bonne musique et de prendre notre pied en la faisant.

Donc, pas de passage par la case reprises comme beaucoup d’autres jeunes groupes.

Richard : Non. On savait effectivement parfaitement où on voulait aller et ce qu’on voulait faire. On n’est pas passés par la case reprises… ça nous a fait gagner pas mal de temps !

Comment fonctionnez-vous ? Qui amène quoi ?

Richard : C’est Jo, le batteur qui fait tout. Après, ça passe par la moulinette du groupe quand on joue les morceaux lors des répètes.

Pour définir le son de Big Junior, vous parlez de « Hip Wave ». Que faut-il comprendre au travers de ce néologisme ? Même si on comprend tout de même assez rapidement de quoi il retourne…

Richard : (sourire) Il faut surtout comprendre qu’on ne voulait pas rentrer dans telle ou telle case. C’était notre but principal. Mais comme il faut faire comme tout le monde… on a inventé une case dans laquelle on serait les seuls ! (éclats de rire) On a donc inventé ce petit nom de style… qui définit plutôt pas mal la musique qu’on fait.

Quand on est un jeune groupe en développement comme vous, est-ce que ça fait peur ces fameuses petites cases dans lesquelles on catalogue les artistes ?

Richard : Oui et non. Ça ne fait pas vraiment peur… mais la réalité, c’est que nous, on n’aime pas trop ça. Après, ça reste personnel. On avait en tout cas l’envie de se démarquer des autres groupes. On n’avait pas envie d’être comparés à d’autres groupes. On voulait donc surprendre les médias et le public. Et quand on surprend les gens… on se dit que ça donne envie d’aller gratter un peu plus loin et d’en savoir un peu plus !

Quelles sont vos influences respectives ? Avez-vous le même socle musical ?

Richard : Pas du tout. On vient tous d’univers assez différents. Personnellement, je suis plutôt dans le rap français et tout ce qui est un peu musique urbaine. Mathieu, lui est plus orienté vers le rap américain. Johan est plus dans l’électro à la base. Et Adrien est carrément dans le Hard Rock et le Métal. AC/DC et compagnie… On vient donc d’univers très différents les uns des autres et c’est ça qui fait la richesse du son de Big Junior. Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’aucun de nous n’est exclusif. On a chacun sa petite spécialité, mais on écoute tous un peu de tout.

Big Junior © Thomas Saminada

Un premier Ep est paru l’année dernière, que retenez-vous de l’exploitation de cet EP ?

Richard : On l’a bien défendu pendant toute cette année. On a pu tourner un peu partout en France. C’était notre premier projet, c’était donc un peu notre carte de visite. Au final, ce premier EP s’est avéré être un bon support pour présenter notre projet au grand public.

Vous êtes-vous mis rapidement à bosser sur ce deuxième EP, « Osiris » ?

Richard : Oui. On travaillait dessus en parallèle du premier, pour être tout à fait honnête. D’ailleurs, là, on travaille déjà sur la suite…

Et c’est quoi cette suite que vous souhaitez donner à ces deux EP ? Un troisième ? Un album ?

Richard : On est encore un peu dans le flou, même si ça se précise. On réfléchit en tout cas à des concepts… Mais notre but, c’est un développement exponentiel du groupe, donc on va tout faire correctement pour que ça se passe le mieux possible.

Qu’est-ce qui a été le terreau des titres qui composent « Osiris » ?

Johan : On avait la volonté de faire un Ep plus facile d’accès que le premier. On voulait se recentrer, moins partir dans tous les sens. On reste sur des titres qui sont dans des styles différents, tout de même, mais qui sont plus cohérents entre eux que ceux qui figuraient sur ce premier Ep complètement homemade, fait sans trop de recul. C’était des morceaux qu’on avait depuis longtemps sur le feu avec Mathieu, donc, il fallait qu’ils sortent. Là, sur ce coup-ci, on a essayé d’être plus directifs. On savait mieux où on voulait aller, donc on a resserré un peu l’étau.

Y a-t-il une idée que l’on retrouve en fil rouge tout au long des titres qui composent « Osiris » ?

Johan : Oui, carrément. On va dire que c’est la fraternité. C’est notre mot d’ordre. C’est un message qu’on essaye de faire passer dans toutes nos chansons. Du coup, il y a des côtés plus sombres et d’autres plus joyeux. On aime bien poser des paroles noires sur quelque chose d’hyper dansant.

As-tu une petite anecdote à me raconter sur l’une des chansons qui figurent sur le EP ? Quelque chose qui se serait passé autour de ce titre, en studio, sur scène, etc… ?

Johan : « Born to cry », le premier single extrait du EP, a dû changer entre quinze et vingt fois de structure, de source et de son au fil du temps. On n’arrivait jamais à savoir où on voulait véritablement la mener. Elle a porté plusieurs titres, plusieurs noms de code aussi. C’est en tout cas une chanson qu’on a retournée dans tous les sens pour enfin, aujourd’hui, avoir un résultat final qui nous plait bien à tous. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a choisi d’en faire un single. Au bout du compte, elle est peut-être la plus représentative du groupe aujourd’hui.

Big Junior © Thomas Saminada

C’est donc toi qui écris et composes la majorité des titres. Passes-tu beaucoup de temps sur la compo et l’écriture ?

Johan : Oui, quand même. Comme te l’a expliqué Richard tout à l’heure, je mets quelques bouts du titre bien à plat sur l’ordi. Je les fais écouter aux trois autres et si ça leur plait, je continue à bidouiller de mon côté. Je m’occupe de la compo essentiellement, mais on avance toujours ensemble. Il faut que les structures plaisent bien à tous, c’est super important. Après, souvent, je rebosse ces structures en vue du live, où le son est toujours un peu différent.

Tu penses rapidement au live quand tu crées une chanson ?

Johan : Oui, carrément. Et même de plus en plus. Notre énergie est clairement plus live que studio. C’est sûr. D’ailleurs, cette énergie hyper frontale est très difficile à retranscrire sur disque, elle est bien plus facile à dégager en live qu’en studio. Surtout quand on est un petit groupe émergent comme le nôtre qui n’a pas forcément le budget de faire sonner énorme des sources qui le mériteraient… Mais il faut un début à tout ! Je pense qu’avec le temps, tout ça sera plus facile à gérer. C’est très compliqué d’avoir un énorme son sur disque.

Un mot sur la scène. Comment ça se passe sur scène ? Comment la concevez-vous ?

Mathieu : Sur scène, le but est le partage. On veut que pendant une heure, les gens oublient leurs tracas du quotidien. L’idée de faire naître quelque chose de commun entre nous, la musique et les gens. C’est ce qui se passe. Johan te parlait tout à l’heure de fraternité, c’est là encore, et a fortiori encore plus, au cœur du projet. L’esprit de Big Junior, c’est être contre le nombrilisme et remettre le partage au goût du jour. Et rendre ce partage cool et pas ringard. Parce que, je ne vais pas te faire de dessin, dans la vie, plus on est gentil… plus on est la risée des autres ! Un mec gentil et poli, on ne le respecte pas, ou très peu. Quand on est un perturbateur et qu’on a une grande gueule, on inspire le respect. Et c’est là que nous, on a envie de changer la donne. Dire aux gens qu’être serviable et à l’écoute des autres, c’est bien, c’est utile, ce n’est pas ringard. C’est notre attitude et notre position. Le message qu’on veut faire passer, c’est celui-là. Du coup, sur scène, musicalement, on est sur une énergie plus rock que sur le CD. Et tout se passe plutôt pas mal… C’est amené pour que ce soit la fête avant tout !

Y a-t-il une scénographie particulière ?

Mathieu : Oui, il y a un gros « Big Junior » en néons rouges sur scène. On est tous habillés en rouge, blanc et doré. Nos pieds de micros sont blancs. Tout est blanc et rouge. La scène, c’est l’identité du groupe. On a commencé là et c’est clairement ce pourquoi on fait de la musique. On travaille beaucoup la scène. On se remet en question, on perfectionne, on affine sans cesse. Là, nous sommes encore en résidence pour travailler le live.

Un mot sur le visuel qui entoure le projet. Je pense à la scénographie, mais également au visuel du disque, les deux mains jointes, les clips… Quelle place accordez-vous à l’image au sein de votre projet qui est avant tout musical ?

Mathieu : Un projet musical, c’est un tout. Ça va des chaussures de scène au flyer. Du coup, on a essayé d’arriver à quelque chose de cohérent et de fort. C’est pour cette raison qu’on retrouve les deux mains sur le visuel du disque. On les retrouve également sur scène. Après, c’est aussi un jeu de tourner des clips (la compo, c’est plus sérieux) et une manière d’exister via les nouvelles technologies, à une époque où les habitudes de consommation de musique ont changé et passent essentiellement par l’image. Forcément, aujourd’hui, un projet musical ne peut pas n’être basé que sur la musique. C’est un tout. C’est la même chose pour un film, ça fait intervenir plein de corps de métiers différents. C’est pour cette raison qu’on a tous des compétences différentes et bien établies. On prend une idée générale, et on essaye de l’exploiter au travers du prisme de différents supports. C’est super enrichissant comme travail.

En parlant des habitudes de consommation de musique qui ont changé… un vinyle va être édité pour cet EP. Est-ce que c’était important pour vous d’avoir un bel objet ?

Mathieu : Très personnellement, j’achète encore des CDS. Je ne suis pas trop pour les plateformes digitales. J’ai toujours eu l’habitude d’avoir un support dans les mains quand j’écoutais de la musique. Aujourd’hui, le vinyle revient à la mode. Donc, on a mêlé plaisir personnel et envie du public. « Osiris » bénéficiera d’un bel objet, avec une belle pochette. C’est important pour nous. C’est Maxime Rebe qui a réalisé la pochette, c’est un ami, et on avait aussi envie que son travail soit mis en valeur. Et pour couronner le tout, le vinyle est rouge, qui est la couleur du groupe. Voilà, c’est un bel objet dont on est fier.

Que va-t-il se passer à moyen et court terme pour « Big Junior » ?

Mathieu : Il y a donc « Osiris » qui sort dans quelques jours. Une tournée se met en place avec des dates qui se rajoutent eu fur et à mesure. On va tourner, je pense, jusqu’à cet hiver, voire le printemps, avec cet EP. Une petite année, quoi ! (sourire) Un premier clip va sortir dans les jours qui viennent, « Born to cry ». Après, si tout se passe bien, il y aura deux autres clips qui vont être tournés, entre la rentrée et la fin de l’été. Et en parallèle de tout ça, on bosse sur un nouveau live et on compose en vue d’un éventuel premier album. On fait tout ça de front, histoire d’être certains d’être prêts lorsque notre heure viendra ! (sourire)

Le format album veut donc encore dire quelque chose pour vous tous.

Mathieu : Oui. Et puis, il y a album et premier album. C’est encore autre chose ! Un premier album, c’est un symbole très fort. C’est un aboutissement et le début d’une aventure nouvelle. On travaille différemment un album ou un EP. Un EP, c’est juste une sélection de titres où la cohérence n’est pas forcément mise en avant. Un album, c’est tout l’inverse. La cohérence prime. Il faut y trouver une couleur et une homogénéité. Après, très sincèrement, on ne sait pas encore quelle direction on va prendre. Va-t-on aller sur un album ou sur un troisième EP ? Tout va dépendre de ce qui va se passer avec « Osiris ». Mais un premier album, c’est quelque chose de grand. Ce sera un aboutissement. J’espère que nous arriverons à cette étape. Aujourd’hui, produire un album, ça représente beaucoup d’argent. Et comme les gens écoutent beaucoup sur Deezer ou Spotify, c’est difficile de retomber sur ses pieds financièrement sans couler le projet… Mais on n’en est pas là. On ne veut pas brûler les étapes. C’est d‘ailleurs pour cette raison qu’on a publié un deuxième EP. Un album ne se fait pas au hasard. Tout viendra en son temps.

Propos recueillis par Luc Dehon le 28 mars 2017.
Photos : Thomas Saminada

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